2010 : l'odyssée des réseaux sociaux ?

Publié le par Benjamin Thierry

Ces deux ou trois dernières années, les réseaux sociaux ont fait couler beaucoup d’encre ou plutôt rempli beaucoup d’écrans ! La « Révolution » était annoncée, sur fond de chiffres vertigineux sur l’explosion du nombre de connexions. Pas de doute, les réseaux sociaux ont fait et continuent à faire leur buzz (expression qui n’aurait pu naître sans le web 2.0). Du moins, leur auto-buzz, puisque l’actualité des réseaux sociaux est véhiculée par les blogs, les forums… bref, par les réseaux sociaux eux-mêmes.

Mais qu’en est-il concrètement ? Admettons-le,  les croyants sont plus nombreux que les pratiquants. Le buzz dépasse encore la réalité. Pourtant, des initiatives existent bel et bien et fonctionnent.

Pour mieux comprendre l’enjeu des réseaux sociaux dans l’entreprise, il faut distinguer trois thématiques distinctes : l’e-reputation, les plateformes sociales et collaboratives, et le recrutement.


L’e-reputation : Twitter, mon bon Twitter, dis-moi qui est la plus belle !

Mais que dit-on de mon entreprise, de ma marque ? De nombreuses agences de communication offrent leurs  services dans le domaine de l’e-reputation. L’objectif est d’assurer à l’entreprise une présence visible et positive sur le web : animation d’un un blog corporate ou au nom du dirigeant de la société, publication de news sur Facebook et Twitter. Quelques hommes politiques (Nicolas sarkozy, Arnaud Montebourg, Barack Obama…) affichent également une véritable stratégie de communication sur ces médias.

Il s’agit aussi de garder un œil sur ce qui se dit sur la toile -en particulier par le biais des réseaux sociaux !- pour mieux influencer l’opinion (ou les rumeurs). C’est ici que le community manager entre en jeu (un métier qui n’existait pas en 2005 et qui fait aujourd’hui partie des plus demandés !). Le community manager intervient sur les forums, dépose des commentaires sur les blogs, fait circuler des informations à travers les réseaux sociaux. Au service (parfois secret) de sa majesté et de la réputation de l’entreprise.

 

Les plateformes sociales et collaboratives : la forme la plus aboutie d’e-machine à café

Dans certaines entreprises, les réseaux sociaux viennent même s’ajouter aux outils de gestion de la connaissance. Elles adoptent ou développent des solutions informatiques qui permettent à leurs salariés de créer des forums d’échanges, des communautés de pratique, ou de créer leur page personnelle (comme une sorte de Facebook interne).

Le succès de ce genre d’initiatives repose sur la capacité à maintenir le niveau d’activité et d’échanges sur le réseau. En moyenne, sur 100 personnes, 90 ne se contentent que de lire, 8 apportent des commentaires et seulement 2 initient de nouveaux sujets. Ce ratio montre bien qu’une taille critique est nécessaire pour animer un réseau social d’entreprise.

La culture d’entreprise et le profil des collaborateurs sont également des éléments à prendre en compte. A priori, il sera plus facile de créer un réseau social interne dans une entreprise de haute technologie, où la culture des salariés sera naturellement orientée vers ce type de médias, que dans un secteur plus traditionnel.

 

Le recrutement (euh… Cendrillon et la pantoufle de vair ?)

L’utilisation des réseaux sociaux modifient sans aucun doute les pratiques de recrutement. Ainsi, Viadeo et Linkedin constituent d’excellents viviers pour la recherche de CV.

Mais là encore, il s’agit d’une forme classique de recrutement.

A quoi ressemblerait un recrutement 2.0 ? A de la cooptation ! Comment recruter par l’intermédiaire du carnet d’adresses de ses collaborateurs ? Les salariés peuvent-ils mettre en contact avec leur entreprise des personnes rencontrées en ligne, sur des hubs ?

Facebook n’est pas l’outil favori des recruteurs : les informations trouvées sont essentiellement personnelles et peu exploitables pour juger de l’adéquation à un poste. Mais de nouvelles applications, comme ‘Work for us’, pourraient changer la donne : elles permettent aux entreprises de diffuser leurs offres d’emploi, en demandant à leurs salariés d’être leur relais.

Les salariés deviennent ambassadeurs de leur entreprise pour recruter de nouveaux collaborateurs… à condition, bien-sûr, qu’ils soient prêts à recommander leur entreprise aux candidats ! Encore un nouveau défi pour la RH : gérer la marque Employeur.

 

Et les prochaines tendances alors  (Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?)

Les réseaux sociaux font leurs débuts dans l’entreprise, et de toute évidence, n’ont pas fini d’évoluer (et de nous surprendre !).

Pour l’instant, les réseaux sociaux d’entreprises sont surtout l’affaire des services communication et informatique. Deviendront-ils bientôt l’affaire de la RH ? Après tout, Le principe même des réseaux sociaux trouve son sens dans la communauté des utilisateurs, par la diffusion de leurs attentes et de leurs valeurs.

Risquons-nous à une hypothèse : si les réseaux sociaux doivent continuer à faire leur chemin dans les entreprises, c’est bien comme outil de développement du capital humain. Gageons donc que la maturité de ces technologies ira de paire avec leur prise en charge croissante par les services RH.

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