Les 11 erreurs de management de l’équipe de France de Foot (3/5)

Publié le par Frédéric Rey-Millet

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Erreur numéro 4, ou la leçon incomplète de management de Monsieur Lilian Thuram.

Les récentes déclarations de Liliam Thuram (recordman des sélections en équipe de France et membre du Conseil Fédéral) sur TF1, samedi soir, mettent en évidence les défaillances de la chaine de commandement entre le Président de la FFF et le sélectionneur.

Je cite Lilian Thuram : « Ce serait inacceptable qu'ils (les joueurs, ndlr) ne paient pas. L'entraîneur a failli, il n'est plus là. Le Président (de la Fédération) a failli, il n'est plus là. Ils doivent partir si la Fédération le demande » a affirmé Thuram, qui avait déjà demandé au Conseil Fédéral de la FFF, vendredi, de ne plus accepter le capitaine Patrice Evra en équipe de France.

Oui, certes, ‘ils ont failli’, mais de mon point de vue, l’intervention de Lilian Thuram, bien que pertinente, est incomplète et renvoie à une question fondamentale oubliée par tous.

Erreur n°4 : Qui manageait Domenech ?

Lors de ces trois dernières semaines, je me suis très souvent posé cette question.

D’après l’organigramme disponible sur le site internet de la FFF, le manager de Raymond Domenech est le Directeur Technique National, c'est-à-dire Gérard Houiller, présent, comme Jean-Pierre Escalettes en Afrique du Sud.

Quelles étaient les règles de fonctionnement formalisées entre eux ? La mission fixée par le DTN au sélectionneur était- elle claire, et pour l’un et pour l’autre ? Qui devait prendre quelles décisions ?

Prenons un exemple concret : qui décide de l’exclusion d’un joueur ? Je ne discuterai pas du bien-fondé ou non de l’exclusion d’Anelka. Par contre, la manière dont cette décision a été prise me paraît pour le moins obscure !

Aujourd’hui, la presse alimente déjà la question de savoir quels joueurs doivent être, provisoirement ou définitivement, interdits d’équipe de France. Or, le travail du sélectionneur est de former l’équipe la plus performante possible. Si son choix doit tenir compte d’une sanction, par qui cette dernière doit-elle être prononcée ? Ce sujet sera incontournable pour Laurent Blanc, le nouveau sélectionneur, et ses responsables hiérarchiques.

Le sélectionneur ne doit pas être seul. Son mandat doit être clair : quelles sont les limites de ses responsabilités et ou commencent celles de son manager ?

La mission fixée par le DTN et le sélectionneur était-elle claire et partagée entre eux lors de cette dernière Coupe du Monde ? Qui devait faire quoi, avec quels moyens (humains, logistiques, financiers), avec quel soutien, pour atteindre quel résultat ? Quels indicateurs de mesure de performance ?

Je ne connais pas les réponses à ces questions. Mais une chose est certaine : si ces fondamentaux ne sont pas clairs pour l’encadrement de l’équipe de France, la confusion des rôles et les conflits sont au rendez-vous ! Et au final, cela donne une équipe qui ne croit pas à son encadrement…


A bientôt pour les erreurs 5 à 7 !


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