Génération Y – y es-tu ?

Publié le par Benjamin Thierry

Le thème de la Génération Y est un sujet à la mode. Cette fameuse Génération Y, née entre 1980 et 1995, censée bouleverser le monde du travail aussi sûrement que la météorite promise par Nostradamus (événement déjà reporté à plusieurs reprises, pourvu que ça dure !).

Né en 1982, la lecture de ces articles me laisse entre la curiosité et l'envie de rire. Comme si je me plantais devant un miroir déformant. Pourtant, d’un point de vue sociologique, je colle au modèle :


- J’avais 7 ans à la chute du mur de Berlin. La confrontation des idéologies ? Oui, c’était au programme d’Histoire sur le XXe siècle… et dans les James Bond aussi.
- Mes parents m’ont traité sur un pied d’égalité. Le respect des ainés ? Oui, quand c’est réciproque.
- J’avais 8 ans quand j’ai utilisé mon premier ordinateur.
- Je n’ai jamais connu le monde du travail sans un ordinateur portable et une connexion Internet.
- J’ai toujours tutoyé mes managers et mes collègues.
- Seule ombre au tableau : je n’ai toujours pas de profil FaceBook.

Ce que m’apprend la littérature sur la génération Y... et sur moi-même...

La génération Y vit dans l’instantanéité
Habituée dès le plus jeune âge à un environnement en rapides mutations, à l’aspect transitoire des cultures et idéologies, à la mondialisation, la Génération Y papillonne dans l’éphémère et l’instant présent. Les prévisions ? C’est pas son truc, paraît-il. Tiens, et moi qui suis si souvent étonné par l’incapacité de bon nombre de managers à envisager l’avenir au-delà de la prochaine revue de projet ! Alors, affaire de génération ou tendance globale ?

La Génération Y est consumériste
Enfants gâtés devenus mercenaires, les représentants de cette génération revendiquent, négocient, recherchent leur intérêt dans leurs choix professionnels. Ils sont exigeants vis-à-vis de leurs managers. Donnant-donnant : tu m’apportes une expérience valorisante, je m’engage. Bien-sûr, ce comportement est totalement étranger à la génération précédente qui, comme chacun sait, ne travaille que par sens du devoir et amour de la patrie.

La Génération Y est droguée à l’information
Les jeunes de la génération Y ont grandi avec la connaissance (officielle et officieuse) à portée de clic. Ils savent bien qu’accéder à l’information, c’est gagner son autonomie et sa liberté d’initiative. Pour avancer, ils tissent des réseaux et tant pis s’ils doivent bouleverser les organigrammes et les circuits d’information classiques. Leurs aînés, bien entendu, n’ont jamais court-circuité un organigramme, ni établi de relations de travail informelles dans le but d’obtenir des informations (confidentielles) ou des opportunités.

Les conseils pour « manager la génération Y » me laissent perplexe

Avec la génération Y, il faut énoncer les règles, formaliser le cadre d’action de manière claire et factuelle. Ah oui ? Parce qu’avec les autres on peut s’en passer ?

De même, un manager doit veiller à développer les compétences des collaborateurs issus de la génération Y. Attention, seulement les collaborateurs de la génération Y ! N’allez surtout pas faire grandir professionnellement des pré-retraités de plus de 30 ans !

Enfin, pesez vos mots et vos attitudes, car les membres de la génération Y ont besoin de sincérité, de marques de considération, et de trouver du sens dans leur travail.
Bref, des besoins bien différents de ceux de leurs aînés !
Les transformations sociales et technologiques de ces dernières décennies n’ont-elles affecté que le bas de la pyramide des âges ? Ma génération incarne peut-être la nouveauté, mais elle n’a pas le monopole de notre époque !

Internet, espaces collaboratifs, évolution des modes vie personnelles et professionnelles font bien partie du quotidien de tout un chacun, sans distinction d’âge. Etre ou ne pas être un Y : « le temps n’y fait rien à l’affaire… »

Et si «manager la génération Y», c’était tout simplement «manager» ?


Publié dans Management

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