Le leadership au cinéma (4)

Publié le par Benjamin Thierry

(re)Lisez l’introduction de cette série d’articles sur le leadership au cinéma.

Cette semaine, nous vous présentons une nouvelle vidéo dans la série le leadership au cinéma. Après avoir analysés des extraits de L'Enfer du Dimanche, et de la supercherie superproduction Independance Day, nous changeons de lieu et d’époque.

Aujourd’hui, nous vous proposons un extrait de Braveheart : le discours de William Wallace à la bataille de Stirling. Un épisode de la longue amitié anglo-écossaise, qui fut ponctuée de chaleureuses et franches retrouvailles dans les prés.

Mais avant d’aller plus loin, voyons d’abord comment William s’y prend pour donner à ses compatriotes l’énergie et l’envie d’en découdre…




Ficelle n°5 : Proposer un nouveau paradigme

Dans cet extrait, la vision des choses proposée par William Wallace implique un changement complet de paradigme. Une nouvelle manière de voir les choses, de considérer les hommes et les évenements. C’est nouveau, à l’instant de sa prise de parole, mais aussi dans le contexte de l’époque.

En effet, dans le paradigme initial, on est en face d’une armée de serfs qui doivent obéissance à leurs seigneurs et sont forcés à se battre. William Wallace leur montre autre chose : il en fait des hommes maîtres de leur destinée, libres de combattre (ou non) pour une cause qu’ils auront choisie. Situation on ne peut plus inédite dans un système féodal !

 « Le leader s’affirme tel en découvrant, en exprimant et en faisant partager à ceux qui le rejoignent une interprétation plus riche du monde, une identité plus attrayante. (…) Le leader découvre et aide les autres à découvrir une vocation. » (James March et Thierry Weil, Le leadership dans les organisations)

La situation, et ce que l’on peut en faire, dépend de la manière dont on la regarde. Dans notre exemple, le paradigme de base ne permet pas de susciter un désir d’action, sentiment incompatible avec l’obéissance forcée.

Pour motiver ses troupes, William Wallace leur propose donc une nouvelle façon de voir les choses qui repose sur la liberté : liberté de choix à titre individuel, indépendance en tant que peuple. Un paradigme qui laisse le champ libre à l’engagement, à la passion, voire même à la ferveur.


Ficelle n°6 : Donner le choix

Par définition, le leadership ne s’impose pas. Ou plutôt, il s’impose tout seul ! Nul besoin de contraintes ou de force : l’acceptation des suiveurs est délibérée. Le leadership s’appuie sur l’influence et l’autorité naturelle. En cela, il est différent du pouvoir.

Cet extrait illustre bien que le leadership peut émerger indépendamment des structures officielles de pouvoir (William Wallace prend l’ascendant sur les nobles, pourtant dépositaires de l’autorité légitime).

Lorsque l’on étudie les mécanismes de l’influence (ou de la manipulation), on se rend compte que l’adhésion n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle découle d’un choix (ou de l’impression d’un choix). Evidemment, il existe aussi différentes stratégies pour influencer le « libre » choix, mais ça, c’est une autre histoire…

William Wallace est face à une situation critique : comment empêcher ses amis écossais (qui en vrai ne sont que des serfs !) de se débiner ? Par la force et la contrainte ? En les menaçant de sanctions plus terribles encore que d’être massacrés par les anglais ?…bof ! Il est beaucoup plus efficace de replacer l’homme face à un choix, de soumettre la question comme un cas de conscience : défendre sa liberté ou se soumettre à l’envahisseur.

Une fois le choix formulé, force de conviction du leader et effet de groupe font le reste !


A suivre pour un prochain extrait !


Avertissement : Managers, ne vous peignez pas le visage en bleu. Ce style de maquillage a certes un certain impact sur un champ de bataille de l’écosse médiévale, mais de nos jours, il ne vous ferait pas gagner une once de charisme auprès de vos équipes !!

Publié dans Leadership

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