« Leadership contre Management : un mauvais débat ? »

Publié le par Isabelle Rey-Millet

Bonjour à tous,

 

Cette semaine, nous vous proposons de partager avec nous un coup de gueule d’une de nos sources d’inspiration préférée : Bob Sutton.

 

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Qui est Bob Sutton ?
Bob Sutton est professeur de sciences de gestion et  chercheur dans le domaine de la 'gestion fondée sur les preuves' ; Il est aussi professeur de comportement organisationnel à la Stanford School of Business et auteur de livres à succès (Objectif Zéro-sale-con, 11,5 idées décalées pour innover, Faits et Foutaises dans le management…)

 

Fast Company (Site d’information on line) a réimprimé des extraits d’un nouveau chapitre de Good Boss, Bad Boss («Petit chef ou Vrai patron ? » paru en 2010 aux éditions Vuibert).


Le sujet ? Bien que la distinction entre « Management » et « leadership » soit probablement exact, les différences de statut, implicites ou explicites,  attachées à ces termes, sont destructrices de performance.

En effet, considérés comme des "leaders", ces personnes se considèrent comme de grands stratèges, des visionnaires  au-dessus "des petits personnes" qui sont chargées d'exécuter ou de faire appliquer leurs grandes et audacieuses idées.


Ces capitaines exaltés développent de grandes visions, mais n'ont aucune idée de leur mise en œuvre...qu'ils laissent à d'autres. Ce fut un des défauts fatals de Carly Fiorina chez HP: elle aimait les grands discours et les grands gestes, mais n'avait pas beaucoup de patience pour attendre que tout se mette en place.

 
94284773pixar-animation-studios-logo-jpg.jpgEn revanche, ce fut la force des leaders de chez Pixar comme Ed Catmull (fondateur du studio d’animation), John Lasseter (Directeur Artistique) ou Brad Bird (Réalisateur et producteur). Ils eurent des visions grandioses sur l'histoire et le marché de chaque film, mais ils pensèrent aussi les détails, se souciant constamment du lien entre leurs idées et leurs réalisations.

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Des théories qui vont dans ce sens:

The Progress Principle (Harvard Business School Press-Août 2011) de Teresa Amabile (Directrice de recherches à Harvard) et Steven Kramer (Chercheur) qui défendent que le 'principe du progrès' dépend de petits succès, d’engagement et de créativité au travail.  

 

     
Par ailleurs, James March  (professeur émérite à Stanford), qui est peut-être le théoricien organisationnel vivant le plus prestigieux, fait valoir que l'efficacité d'une organisation dépend autant de la compétence d'administratifs ou de techniciens qui font correctement (ou non) leur travail, que des mesures audacieuses ou de la grande rhétorique des personnes au sommet.
Pour paraphraser March, les organisations ont besoin autant de poètes que de plombiers... et la plomberie est toujours cruciale à la performance organisationnelle.

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Notre foi exagérée pour les héros, et les remèdes instantanés qu'ils promettent très souvent, a également fait de sérieux dégâts à notre société. Bob Sutton fait valoir que l'accent mis sur le spectaculaire, les mesures audacieuses, les superstars, et notre perte de respect pour le rôle crucial des compétences basiques, est probablement une  des causes sous-jacentes du crash boursier de 2008-2009.


Bob Sutton ne dit pas que nous n'avons pas besoin de héros ni de visionnaires, mais il insiste sur les dirigeants qui permettent d'établir le lien entre les grandes idées et les réalisations de chaque jour,  qui transforment les rêves en réalités.

 
Nous avons besoin de leaders qui se comportent comme des hélicoptères : c'est-à-dire capables de prendre de la hauteur et de se poser rapidement plusieurs fois par jour.

 

Excellent week end.

 

Issu de l'article original Hollow Visions, Bullshit, Lies and Leadership Vs. Management de Bob Sutton

Publié dans Management

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