Michel et Augustin font sourire la planète

Publié le par Laurent Caveglia

le-storytelling-sebastien-durand-conseil-communication-le-b.jpgMardi 6 septembre, Augustin Paluel-Marmont, co-fondateur de la marque Michel & Augustin, déjeunait au Centre des Jeunes Dirigeants Paris. Au menu du jour, l'aventure d'une entreprise pas comme les autres, et une vision haute en couleur du bonheur au travail.


On ne présente plus ces trublions du goût et leur vache à boire au succès qui dépasse nos frontières, avec un slogan à faire pâlir Bernard Pivot : « Boivez des vaches ! » Dans leur univers décalé,  le siège de l’entreprise s’appelle la bananeraie. Quant aux employés et clients, on parle de la tribu. Pourtant, ne vous y trompez pas, il ne s’agit ni d’une farce de dilettante ni d’un coup marketing.  Michel et Augustin, sûrs de leurs valeurs, développent leur business avec constance.


Au commencement…

 

Michel et Augustin se rencontrent au collège et deviennent vite très proches. Dans les années 90, ils partent ensemble faire de l’humanitaire. Tous deux sont diplômés de Supdeco Paris à la fin de la décennie. Michel devient banquier à New-York puis consultant en stratégie place Vendôme, tandis qu'Augustin est analyste en stratégie au Club Med puis en marketing chez Air France. Finalement, ce dernier décide de tout plaquer pour faire le tour du monde et passer son CAP boulanger. Nous sommes alors en 2003 ; le duo se reforme pour rédiger un guide des boulangeries parisiennes.

 

De goûteurs à créateurs…

 

Après un succès surprise et des kilomètres de baguettes avalés, les deux amis passent derrière les fourneaux et créent leur marque de gâteaux en 2004. Augustin raconte : « On a commencé en cuisant des sablés dans le four de ma petite cuisine, dans le 18ème, et on allait les vendre au porte à porte. Rue Caulaincourt, on nous a même pris pour des témoins de Jéhovah !  Notre premier point de vente a été l’épicier en bas de chez moi. Mais on y a toujours cru, sûrs que le business de l’agroalimentaire est important en France. De plus, pour nous, dès le début, notre marque ne devait avoir qu'un seul objectif : faire sourire la planète. »


La marque repose-t-elle uniquement sur ses deux créateurs ?


« Nous avons bien compris que l’intérêt du projet passait avant notre intérêt personnel. Si un jour on me dit que je ne suis plus la personne de la situation, je l’accepterai. Ce que je souhaite, c’est le succès de la marque et de ses valeurs. Si le projet devait s'éloigner de ses valeurs fondatrices, il se continuerait sans moi. L’enjeu le plus important est de bien s’entourer pour que, même sans nous, cet esprit survive. »


Comment ces valeurs sont-elles partagées ?


Pour Christopher,  employé chez Michel & Augustin, « ce n’est pas en écrivant sur un tableau noir des règles à respecter que ça marche. C’est en choisissant les bons collaborateurs, en s’assurant qu’ils ont le même état d’esprit, qu’ils sont ici pour offrir du bonheur et assurer une certaine qualité. Pas uniquement pour faire du chiffre d’affaire. Chaque collaborateur véhicule ces valeurs naturellement. Nous n’avons pas à nous forcer pour rendre un évènement attrayant. »

 

Comment se concrétisent ces valeurs ?


 Pour Augustin, ce qui s’est installé n’est rien d'autre qu’une saine simplicité, reposant sur la joie de vivre, le partage, l’attention aux autres et le dynamisme. Chez Michel & Augustin, la bonne humeur est de mise et partagée. On annonce les bonnes nouvelles en sonnant la cloche !

Choses plus rares dans les affaires, les fournisseurs sont traités aussi bien que des clients pour s’assurer qu’à chaque niveau, le respect et le plaisir au travail restent entiers.
Autre particularité : tout à chacun peut visiter la bananeraie une fois par mois. D’ailleurs, en témoignage du bon esprit qui habite la tribu, malgré  500 visiteurs chaque mois, aucun vol n’a jamais été déploré dans les bureaux !


Ne pas se prendre au sérieux empêche-t-il de travailler sérieusement ?


Chez Michel & Augustin, être un trublion du goût ne vous dispense pas de mettre en place une organisation sans faille. Augustin définit la société comme « surprocessée ». La plupart des fonctions ont été internalisées très tôt par rapport à la taille de l’entreprise.
La qualité est le premier souci de Michel & Augustin. C’est elle qui, avant toute chose, doit faire sourire le client. Car, non, le marketing et la com’ ne font pas tout !

Augustin nous raconte leur rencontre avec le chef / animateur Cyril Lignac, qui leur a lâché : « Tout votre marketing, les gars qui mettent leurs têtes sur leurs emballages, tout ça, je déteste. Mais vos produits sont délicieux alors je les achète ! »


Une vache à boire internationale !


Etre français dans un domaine gastronomique ne peut qu’aider. Alors, Michel et Augustin voient grand. La marque est déjà implantée à Hong-Kong, New-York, Moscou, Bruxelles ou encore Singapour, et le business plan à 5 ans prévoit la création de nouvelles bananeraies.
Côté marketing, pour mieux s’exporter, la  marque ne s’arrête pas à son mythe fondateur : elle fait régulièrement évoluer ses packagings.
Mais nos deux trublions assurent qu’ils ne vont pas nous abandonner. Ils comptent aussi améliorer leur distribution métropolitaine. Leur objectif : être « inratable » dans les 12 principales villes françaises.


Des fois qu’on puisse aussi être prophète en son pays…

 

 

 

Restez avec nous sur le Club EthiK. Nous parlerons prochainement de l’entreprise du Bonheur, ouvrage de Tony Hsieh, fondateur de Zappos.  Préfacé et recommandé par Michel et Augustin.

 

 

 

 

Publié dans Management

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