Sun Tzu, Stratégie et Séduction, de Pierre Fayard

Publié le par Geoffroy Chamouton

Pierre Fayard est un homme-orchestre ! Professeur à l'Université de Poitiers, détaché à l'Ambassade de France au Pérou en tant que Conseiller de coopération et d'action culturelle, il est à l'origine de la création du pôle intelligence économique à l'Institut de la Communication et des Technologies Numériques. Il enseigne également l'aïkido et travaille à l'application de cet art martial au management !

Dans son dernier ouvrage Sun Tzu, Stratégie et Séduction, il fait ressortir la subtilité de la pensée stratégique orientale et notamment celle de l’un de ses plus illustres représentants : Sun Tzu.

Pour lui, la stratégie n’est pas une science, une technique… c’est un art, une disposition de l’esprit. Ce qu’il sous-tend n’est pas l’application d’un plan minutieusement préparé... mais la capacité de « présence dans l’instant » : un pragmatisme qui permet de saisir les opportunités et de s’adapter à la situation.

Que retenir de l’ouvrage ?

La stratégie se compare à la séduction. Elle s’inscrit dans un contexte dynamique, mouvant. Le stratège, tout comme le séducteur, doit appréhender ce mouvement sans chercher à le contrôler. Il doit subtilement parvenir à lui imposer sa volonté, mais seulement de manière indirecte. Il ‘oriente’ le mouvement avec l’objectif de créer un ‘espace’ et donc des conditions favorables.

Par ailleurs, le stratège oriental est pénétré par la notion d’économie de moyens, et de rentabilité de ses opérations. Comme le dit le Sun Tzu lui-même : « L’art de la guerre, c’est soumettre l’ennemi sans combat. » Il est en effet plus profitable de prendre possession d’un territoire « intact », que soumis au prix de violentes destructions !

Plutôt pour les lecteurs avertis !

Quoi qu’en dise la quatrième de couverture, ce livre semble plutôt destiné aux lecteurs avertis et connaisseurs de l’œuvre de Sun Tzu et de la philosophie orientale.

Les exemples sont parfois abscons mais surprennent pas leur pertinence et leur origine (en cela, au moins ils s’inscrivent dans le style des ouvrages de stratégie chinois !). A l’image de cette métaphore sur la corrida, page 135 : « Comme dans la figure tauromachique ‘cargar la suerte’ [Littéralement « forcer la chance ». En langage tauromachique, suerte signifie « passe ». Cargar la suerte peut s’entendre au sens de créer les conditions de la passe en entrant sur le terrain du taureau et provoquer ainsi sa charge], le commerçant foule le terrain du ‘taureau-badaud’ pour le contraindre au mouvement en évitant de s’instaurer en un obstacle qui serait débouté ou délogé. » !!

Vous avez tout compris ? Alors, amateurs : n’hésitez pas !
Néophytes : ce n’est pas l’ouvrage de base !

Et donc, pour les néophytes ?

En fait, pour vous familiariser avec la pensée chinoise, je vous conseille d’abord le premier ouvrage de Pierre Fayard : Comprendre et appliquer Sun Tzu : La pensée stratégique chinoise, une sagesse en action et les travaux du sinologue François Jullien.

Vous constaterez qu’il est intéressant d’explorer et d’appréhender une pensée et une conception de la stratégie différente de la nôtre (pour mémoire : issue de l’héritage Napoléonien et Clausewitzien !). Car ces deux logiques qu’on pourrait croire opposées (si, si !), sont avant tout complémentaires !

Par ailleurs, n’hésitez pas à (re)lire les classiques, que sont :
L’art de la guerre de Sun Tzu ;
Traité des cinq roues : Gorin-no-sho de Musashi Miyamoto ;
Tao-tö King de Lao-Tseu ;
Et bien d'autre …

Et pour poursuivre votre initiation, rendez-vous sur le blog de Pierre Fayard.

Publié dans Carnets de lectures

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