Les 11 erreurs de management de l’équipe de France de Foot (2/5)

Publié le par Frédéric Rey-Millet

Chose promise, chose dûe.

Comme annoncé dans mon précédent billet, j'ai planché sur les 11 erreurs de management commises par l'équipe de France de Football lors de la Coupe du Monde.

Aujourdui, je vous livre les trois premières erreurs. Bonne lecture !




Erreur n°1 : Un postulat de départ erroné

Je cite Raymond Domenech, dans l’Est Républicain du 27/04/2010.

« Avec les joueurs, je fonctionne d’une manière très simple, c’est une relation particulière. C’est d’arriver à faire croire à chacun qu’il est celui que vous aimez le plus et qu’il est le meilleur de tous. Il y en a qui appellent ça de la manipulation… ça l’est. Mais le management, quelque part, c’est de la manipulation ».

Le terme « management » aurait deux étymologies. La première, française, "manège" (faire tourner, avoir en main). La seconde, italienne, "maneggiare" (contrôler, manier, conduire).

Le management est l'art de diriger, de gérer, de piloter, d’administrer une organisation vers ses buts. Non, ce n’est pas de la manipulation. Le management, c’est certes influencer ses collaborateurs, mais en leur expliquant où on veut les emmener et pourquoi on veut les embarquer sur un projet ambitieux.

Le manager n’est pas celui qui fait croire que chacun est le meilleur. Le manager est celui qui est capable de constituer une équipe en équilibrant les forces et les faiblesses des membres qui la composent.



Erreur n°2 : Une ambition floue donc non partagée par les joueurs

Quel « rêve accessible » devait transcender l’équipe de France ?

Gagner des titres, c’est un objectif pour tout sportif amateur ou professionnel, mais cela ne suffit pas forcément à créer l’ambition qui pousse à se dépasser.

Prenons un exemple autre que le football.En 2000, Ernesto Bertarelli, capitaine d’industrie suisse poursuit un rêve : gagner la compétition la plus prestigieuse en voile, l’America’s cup.

Il réussit alors à recruter Russel Coutts, un skipper deux fois vainqueur de l’épreuve.

Ce n’est pas de gagner une troisième fois l’America’s Cup qui pousse Russel Coutts à rejoindre l’équipe Suisse, mais un pari d’Ernesto Bertarelli, un « grain de folie » : ramener la Coupe de l’America dans un pays qui n’a pas d’accès à la mer ! Précisons que le trophée, en 153 ans n’a jamais été gagné par un pays européen.

Revenons à l’équipe de France de Football. Dans leurs déclarations, les joueurs n’ont verbalisé leur ambition ni en 2007, ni en 2008, ni en 2009, ni en 2010. Mais peut-on le leur reprocher ? Décrire l’ambition et donner à tous l’envie de la rejoindre est la tâche du leader, en l’occurrence, le sélectionneur.


Erreur n°3 : Une focalisation sur le résultat qui oublie le plaisir du jeu

Si gagner la coupe du monde est l’objectif final, il se décline en objectifs intermédiaires.

Le premier était de se qualifier pour la coupe du monde, puis l’objectif à court terme était de sortir des phases de poule, et enfin l’objectif immédiat de gagner chaque match l’un après l’autre.
Lorsque l’on fixe un objectif à des sportifs de haut niveau, il faut avoir conscience qu’ils mettront tout en œuvre pour y parvenir. Alors, objectif premier : participer à la coupe du monde. Lors du match couperet contre Irlande, la France se qualifie sur un but marqué grâce à une passe de la main.

Nous arrivons à la question qui tue : gagner est-il le seul objectif ? Et qu’arrive-t-il quand on ne gagne pas ? Au final, l’amertume du public ne vient-elle pas plus du fait qu’il ne prenait plus plaisir à supporter son équipe, que ce soit dans la victoire ou dans la défaite ?

En Afrique du Sud, les joueurs et l’encadrement ont oublié de prendre du plaisir, de savourer cette participation à un évènement international unique. Ils ont oublié d’équilibrer la pression de l’enjeu par le plaisir du jeu. Un plaisir du jeu qui aurait pu leur permettre de réagir de manière plus positive et constructive face à la difficulté.

Où étaient les rites ? La bise de Blanc sur le crâne de Barthez avant chaque match, les jeux entre les joueurs, les habitudes, le cri de ralliement concrétisé par la reprise du fameux jingle de Gloria Gaynor ? Aimé Jacquet avait su porter cette construction de son équipe en 1998.

La réussite ou l’échec ne dépendent pas que nous. Par contre la façon dont on s’y prend, le plaisir que l’on en retire et que l’on donne, si.




Impatient de lire la suite ? Restez attentifs ! Les trois erreurs suivantes seront publiées sur ce blog la semaine prochaine !
A suivre...

Publié dans Management

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